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Avec Hylla Penderie Partagée, elles donnent accès à une mode responsable
28 Mar 2017

Amandine et Céline ont créé Hylla, une « penderie partagée » qui permet de louer des pièces de mode pour le mois. Une façon responsable de pimper son dressing sans sur-consommer. Elles nous ont raconté leur engagement.
En poussant les portes de la REcyclerie, café branché et écolo du 18ème, on tombe tout de suite sur les fringues dénichées par Amandine et Céline, fondatrices de Hylla Penderie Partagée. Ce dernier week-end de novembre, elles y ont installé leurs portants remplis de jolies pièces disponibles à la location.
À l'occasion de cet événement, les deux jeunes filles de 22 ans sont postées à l’entrée, avenantes, prêtes à accueillir les clientes et curieux, à expliquer ce qu’est la mode responsable ou à donner des conseils de style.
En les voyant, difficile de croire que leur entreprise n’a que deux ans. D’abord, parce que c’est une affaire qui roule, elles viennent d'ailleurs de lancer leur site internet. Mais surtout parce qu’on croirait à une amitié de toujours et un engagement militant ancien. Si vous avez déjà squatté une rencontre entre modeuses engagées ou traîné dans des événements parisiens dédiés à l'entrepreneuriat social, vous avez peut-être déjà croisé ce duo de choc. Deux filles à l’allure simple et sympa, qui restent un peu en retrait pour observer et savent networker avec sincérité.


Un projet né d’une curiosité sincère
Si Amandine et Céline inspirent confiance, c’est parce leur projet est né d’une vraie curiosité. Alors qu’elles font un stage dans la même boîte à Hambourg, sans se connaître, elles se découvrent grâce à un billet de blog posté par Amandine sur Linkedin. Celle-ci suit un cursus en développement durable, après avoir été lassée par les études de commerce classique, qui ne lui donnaient pas assez de sens. Dans ce cadre, il lui a été demandé de repérer des initiatives en faveur de l’environnement. En vraie fashionista, elle se penche sur le kleiderei, que l’on pourrait traduire par « fringothèque ».
Justement, Céline, germanophone et passionnée par les cultures scandinaves, rédige un mémoire sur le sujet. Elles décident de boire un café. Monter leur boîte devient vite une évidence. « On s’est dit que l'on est toutes les deux en Allemagne, on habite dans le 92, on rentre dans un mois, on est jeunes, on est passionnées... Pourquoi ne pas se lancer là-dedans ? Notre amitié s’est forgée par la suite, on a appris à se connaître et depuis ça se passe super bien », raconte Amandine.
« Super ! », « Génial ! ». En nous racontant leur rencontre, chacune à leur tour, dans un coin de la REcyclerie, sur fond de musique électro, elles usent toutes les deux de superlatifs, tout en adoptant une voix posée. Elles donnent donc l’impression d’avoir toujours été sûres. L’une de l’autre, elles qui sont devenues amies petit à petit. Et surtout de leur projet, qu’elles trouvent réellement important pour la société.


Opérer un changement dans la société
Ce qu’elles veulent ? « Que la mode éthique devienne la norme. On devrait tous se cantonner à des pièces basiques dans notre placard, et laisser les folies à la location », expliquent-elles. Mais hors de question d’adopter un discours militant et d’accabler leur communauté avec des injonctions. Au contraire, elles font passer leur message progressivement, avec beaucoup de partage. Elles-mêmes ont été convaincues progressivement. « J’ai été éduquée par mes parents avec des valeurs écolos, j’ai appris tôt à consommer certains produits de façon responsable. En revanche, vis-à-vis de la mode, c’est un déclic qui s’est fait récemment, avec des documentaires, en me renseignant de plus en plus… », explique Céline.
Selon les deux co-fondatrices d'Hylla, les Français sont réticents à ce type de mouvements. Ils auraient des a priori, bien plus qu’outre-Rhin ou que dans le Nord de l’Europe. Alors, Amandine et Céline ont décidé d’adopter une communication « fun et décalé ». Elles partagent par exemple les photos de leurs clientes, les « Hyllarantes » : « On se met en scène pour rendre le projet humain », ajoutent-t-elles.
Et ça fonctionne. Certaines clientes ne viennent que pour la mode mais repartent avec un peu de convictions écologiques. Pour Amandine et Céline, c’est ça être des actrices du changement. Inciter avec un sourire, partager sans agresser.
Pour en savoir plus, découvrez le site de Hylla, la penderie partagée d'Amandine et Céline




